Lucioles, le sale quart d'heure, 2018
barres métalliques, spots de chantiers, caméras, moteurs, cartes arduino

Pièce réalisée avec la collaboration d'Olivain Porry

Entre juge et témoin, Lucioles, le sale quart d’heure, tel Diogène, transperce la foule lanterne en main à la recherche d’un Homme. Perché en haut de son mât, la vigie balaye l’espace d’un mouvement gauche jusqu’à détecter la présence et l’inonder de sa lumière aveuglante.
Comme le philosophe antique, Lucioles, le sale quart d’heure éclaire le jour pour mettre en lumière sa part de nuit. Et c’est ainsi que le passant, bien qu’innocent de tout crime, se retrouve coupable d’une faute qu’il aurait pu commettre.
La lumière totale, qui caractérise notre temps de surveillance globale, annule les zones d’ombres en rendant tout corps transparent. Aussi, notre époque voit disparaître les derniers rochers derrière lesquels s’abriter du regard. Le tout-visible est notre névrose, qu’on cherche à la fuir ou, au contraire, qu’on y trouve son quart d’heure de gloire comme le papillon qui se jette sur l’ampoule pour un suicide étincelant.